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| title | date | draft | tags | summary | author | ShowToc | ShowReadingTime | ||||||
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| Anatomie du stack high-level Bojemoi : orchestration d'un lab red-team sous Docker Swarm | 2026-07-22 | false |
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Décryptage du fichier 01-service-hl.yml, le cœur observable du lab Bojemoi : comment on orchestre une vingtaine de services de monitoring, backup et sécurité offensive sur Docker Swarm sans se tirer une balle dans le pied. | Bojemoi | true | true |
C'est quoi ce fichier, concrètement ?
01-service-hl.yml est le deuxième stack déployé dans Bojemoi Lab, juste après 00-service-boot.yml qui gère l'infrastructure de base (Traefik, CrowdSec, registry local). Ce fichier définit tous les services applicatifs du lab : la stack d'observabilité complète (Prometheus, Loki, Grafana, Tempo, Alloy), la messagerie (Postfix + Protonmail Bridge), la base de données centrale, le système de backup, et l'orchestrateur de provisioning.
En gros : si 00 pose les fondations réseau, 01 construit les murs. C'est là que le lab devient utilisable pour du travail red-team réel.
Architecture des réseaux : isolation par usage
Le fichier déclare six réseaux Docker Swarm externes, tous créés en amont :
| Réseau | Usage |
|---|---|
proxy |
Trafic Traefik (exposition HTTP/HTTPS) |
backend |
Communication inter-services interne |
monitoring |
Scraping Prometheus, push Loki |
rsync_network |
Réplication de données master/slave |
mail |
Isolation de la chaîne email |
host |
node-exporter en mode réseau host |
C'est un pattern d'isolation solide. Chaque service n'est connecté qu'aux réseaux dont il a besoin — Postfix parle à mail, backend et monitoring, mais pas à proxy directement. Grafana, lui, touche les trois premiers. Cette segmentation limite la surface d'attaque latérale si un container est compromis.
Ce qu'on aurait pu mieux faire : le réseau host pour node-exporter expose le container au réseau physique de l'hôte. C'est intentionnel (pour collecter les métriques système réelles), mais ça reste un vecteur si l'image est compromise.
Le système de secrets : Docker Swarm Secrets à fond
Tous les secrets sont external: true, créés via un script dédié /opt/bojemoi/scripts/create-secrets.sh. On compte 14 secrets gérés proprement :
secrets:
postgres_password:
external: true
telegram_bot_token:
external: true
grafana_admin_password:
external: true
# ... etc
Les mots de passe ne transitent jamais en clair dans les variables d'environnement — ils sont montés dans /run/secrets/ et lus via _FILE suffixé (pattern standard Postgres, Grafana). C'est la bonne approche pour du Swarm en production.
Limitation honnête : pgadmin a PGADMIN_DEFAULT_PASSWORD: bojemoi en clair dans l'environnement. C'est un outil admin interne, mais c'est un écart de cohérence notable par rapport au reste du stack. À corriger.
La stack d'observabilité : le vrai cœur du lab
Prometheus → Loki → Tempo → Grafana
La chaîne suit le modèle LGTM (Loki, Grafana, Tempo, Mimir/Prometheus) de Grafana Labs :
- Prometheus : 15 jours de rétention, 10 GB max, compression WAL activée, remote-write receiver ouvert (pour les agents externes)
- Loki : exposition en mode
hostsur 3100, ce qui simplifie la collecte depuis les workers - Tempo : ingestion multi-protocole (OTLP gRPC 4317, OTLP HTTP 4318, Zipkin 9411) — utile pour instrumenter des outils red-team custom
- Grafana : backend PostgreSQL (pas SQLite), plugins dynamiques via
GF_INSTALL_PLUGINS
Alloy : collecte à deux vitesses
Un pattern intéressant : deux instances d'Alloy avec des configs distinctes.
alloy: # manager — lit les logs rsync + /opt/bojemoi/logs
alloy-worker: # mode global sur workers — lit /var/run/docker.sock directement
L'instance manager passe par le docker-socket-proxy (hérité du stack boot), l'instance worker monte le socket Docker en direct (ro). C'est un compromis pragmatique : sur les workers on accepte l'accès socket, sur le manager on passe par le proxy pour éviter l'exposition de l'API Docker complète.
PostgreSQL SSL : un effort réel de durcissement
command: >
postgres
-c ssl=on
-c ssl_cert_file=/var/lib/postgresql/ssl/server.crt
-c ssl_key_file=/var/lib/postgresql/ssl/server.key
-c ssl_ca_file=/var/lib/postgresql/ssl/ca.crt
-c hba_file=/etc/postgresql/pg_hba.conf
-c shared_preload_libraries=pg_stat_statements
SSL mutuel activé, certificats injectés via Docker configs avec les bons UID/GID (999 = utilisateur postgres), pg_hba.conf externe, pg_stat_statements pour le monitoring de requêtes. C'est du niveau production pour un homelab.
Le port 5432 est exposé en mode host avec une note explicite : "bind sur l'interface physique du manager — pas d'exposition internet". C'est honnête et pragmatique, même si ça suppose une confiance totale dans l'isolation réseau physique.
La chaîne mail : Postfix → Protonmail Bridge
Un choix original : utiliser Protonmail comme relay SMTP chiffré de bout en bout depuis un lab red-team. La chaîne est :
services → Postfix (port 25) → Protonmail Bridge (port 1025) → Proton Mail
Un mail-watchdog teste la chaîne complète toutes les 10 minutes et expose des métriques Prometheus sur le port 9355. C'est exactement le genre de test end-to-end qu'on néglige en général.
Limitation connue : le main.cf de Postfix ne peut pas être injecté via Docker config (le commentaire dans le fichier l'explique — postconf modifie le fichier et les configs Docker sont read-only). La configuration passe donc par des variables d'environnement. Fonctionnel, mais moins auditable.
Le système de backup rsync : master/slave sur Swarm
rsync-master:
deploy:
placement:
constraints:
- node.role == manager
rsync-slave:
deploy:
mode: global
placement:
constraints:
- node.labels.rsync.slave == true
Les slaves se déploient sur tous les nodes labellisés rsync.slave=true. Le master synchronise /opt/bojemoi toutes les 5 minutes vers les slaves. L'accès SSH est géré via un volume ssh_keys partagé.
Pattern YAML intéressant : l'utilisation des ancres YAML (&mode-template, &deploy-template) pour factoriser la configuration commune des services rsync. C'est propre et réd